Née d’un père suédois et d’une mère allemande, orpheline à 12 ans, recueillie par une tante qui passe à son tour de vie ...
Née d’un père suédois et d’une mère allemande, orpheline à 12 ans, recueillie par une tante qui passe à son tour de vie à trépas dans les mois suivants puis enfin par un oncle et sa famille, Ingrid Bergman entame sa carrière d’actrice au sortir de l’adolescence. Reçue à la Royal Dramatic Theater School de Stockholm en 1933, elle n’y passera qu’un an avant de se tourner vers le cinéma. Apparue comme figurante en 1932, elle obtient son premier véritable rôle dans Munkbrogreven trois ans plus tard, mais c’est grâce à Intermezzo, de Gustaf Molander (1936), que les choses vont s’accélérer : repérée par David O. Selznick, elle débarque en 1939 à Hollywood pour reprendre son rôle et donner la réplique à Leslie Howard. A Love Story est un succès, qui lance sa carrière outre-Atlantique et lui vaut un contrat de sept ans avec Selznick. Grande (1m75), belle, naturelle, elle détonne dans le paysage et va rapidement acquérir un statut d’icône. Commence alors une immense carrière pour celle qui s’apprête à devenir l’une des plus mémorables blondes hitchcokiennes, le temps de 3 films. En 1949, l’actrice écrit au pape du néoréalisme italien, Roberto Rossellini, pour lui exprimer son admiration et proposer ses services. Ce dernier l’invite à venir tourner Stromboli, durant le tournage duquel tous deux, par ailleurs mariés, entament une liaison qui va susciter un scandale aux USA. Elle, abandonnant mari et fille, divorçant et tombant bientôt enceinte, se trouve vilipendée par les tenants américains de la morale. Installée en Italie, elle épouse Rossellini en 1950. Dès 1956, l’actrice recommence toutefois à jouer pour d’autres réalisateurs (dont Jean Renoir), avant d’opérer un retour triomphal aux USA avec Anastasia (1956), qui lui vaut un deuxième Oscar de la meilleure actrice. Se faisant par la suite plus rare à l’écran, elle remporte un nouvel Oscar, celui du meilleur second rôle féminin, pour son interprétation dans Le Crime de l'Orient-Express de Sidney Lumet, en 1975, année où, après un troisième divorce, elle se découvre atteinte d’un cancer du sein.