Au premier regard, l'écrivain Lontodiof perché sur son baobab semble une pâle imitation de la Comtesse de Ségur qui se p...
Au premier regard, l'écrivain Lontodiof perché sur son baobab semble une pâle imitation de la Comtesse de Ségur qui se prendrait soudain pour un Jules Verne mou. Mais au second regard (une gageure), la Rostopchine est violée par Lautréamont et le vieux Jules par le jeune Cocteau. Il y a plusieurs manières de lire Lontodiof. A la façon d'un roman classique avec une entrée en matière sur un faux rythme teinté de blues et, le premier tiers passé, une pénétration plus vibrante dans l'aventure dont on sort l'esprit chargé de belles images et de vapeurs nostalgiques. Tout cela passe assez vite. En lisant un seul chapitre chaque soir au coucher. Cette fois c'est le livre qui vous pénètre au fur et à mesure que vous entrez dans une histoire qui n'est qu'un prétexte et il vous révèle à vous même comme si vous écriviez sur votre âme. Ou encore avec animosité et une irritation croissante jusqu'à ce qu'un chapitre que vous n'aviez pas prévu vous fasse vomir votre mauvaise foi. La vraie biographie de César Lontodiof est déclinée dans "Baobab" sous les traits de quatre personnages, Paul, Rémi, Loup et Tommy. Comme un arc en ciel schizophrénique.