Bien que censurée au Soudan depuis 2011, l’œuvre d’Abdelaziz Baraka Sakin continue d’y circuler clandestinement : la rép...
Bien que censurée au Soudan depuis 2011, l’œuvre d’Abdelaziz Baraka Sakin continue d’y circuler clandestinement : la réputation de l’écrivain n’est plus à faire dans le monde arabe. Après avoir reçu le prestigieux prix Tayeb Salih pour Les Enjeux de la Terre, ses livres sont saisis : témoins de la variété culturelle et religieuse du pays, ceux-ci vont à l’encontre de la politique de promotion de l’identité arabe et islamique au Soudan. En exil entre l’Autriche et la France, il continue d’aborder dans ses romans, tous publiés aux éditions Zulma, la réalité du monde dans lequel il vit. En 2016, il est traduit pour la première fois en France : Le Messie du Darfour obtient le Prix Littérature-Monde 2017 pour son texte profond sur une jeune femme aux désirs de vengeance en pleine guerre civile. La Princesse de Zanzibar (2024), texte satirique entre légendes et grande histoire, a été interdit à Oman et au Koweït, et Les Jango (2025) a été censuré par les autorités soudanaises. Cette année, il ancre Le corbeau qui m’aimait entre la jungle de Calais et le Soudan, chemin qu’a parcouru Adam, dont il dresse le portrait. Au fil des pages, l’auteur dévoile la réalité de la migration en Europe dans un texte sensible et humaniste.