Jacques Lerouge fut condamné à mort en 1971 après un meurtre commis lors d'un cambriolage, peine commuée en réclusion à ...
Jacques Lerouge fut condamné à mort en 1971 après un meurtre commis lors d'un cambriolage, peine commuée en réclusion à perpétuité. Sorti de prison en 1985, en libération conditionnelle, il a travaillé comme formateur avant de consacrer sa vie aux longues peines, ces condamnés libérés après de nombreuses années d'incarcération : il a fondé en 1999 l'Association pour l'aide aux personnes en voie de réinsertion (Aperi), qui soutient en permanence une quarantaine d'ex-détenus. L'Aperi a ainsi accompagné Lucien Léger, le plus ancien détenu de France, libéré en 2005 après quarante et un ans de prison. Conventionnée avec l'administration pénitentiaire, l'association s'est développée à partir de 2001 avec Carol Saint-Guilain, sociologue, jusqu'à devenir un acteur essentiel dans l'accompagnement des anciens détenus, âgés, malades et déstructurés par l'enfermement. "Je dis souvent au procureur, quand est discutée la libération conditionnelle d'une "perpétuité" : si vous entendez donner du sens à la prison, il faut qu'il sorte. Ou alors il faut créer une maison de retraite pénitentiaire. La justice a atteint ses limites. Quand on est dans la destruction des hommes, il faut le dire", avait récemment expliqué Jacques Lerouge.